Les Chemins de l'Errance

 

Ne pas renoncer... Aller de l'avant, se perdre pour trouver du nouveau, garder un oeil neuf, rester naïf.

L'histoire que nous racontons, une histoire d'errance, n'est que le pretexte à mieux faire vivre la nôtre. Etre en marche, toujours rester à l'écoute, ouvert aux autres, c'est le projet qui m'anime. Prendre son temps et vivre la transformation de l'errance.

Je rêve d'un théâtre qui ne serait jamais le même parce que nous ne sommes pas le même jour avec les mêmes personnes, ni dans le même lieu. Produire un instant unique dont on sait qu'il ne pourra se reproduire et faire sienne la phrase de René Char " l'artiste doit se faire regretter de son vivant".

Prendre notre caravane et nous installer au milieu d'une communauté (quartier, village, centre de formation, école...). Pendant quelques jours être là comme un nouveau voisin, tisser des liens, prendre le café, entretenir des conversations, se dire bonjour, sans protocole hiérarchique.

Prendre trois jours, respirer l'air du temps, reprendre son ouvrage, repérer les lieux et les quatrième et cinquième jours, jouer pour la population de la communauté chez laquelle nous sommes venus nous implanter. La caravane devient le centre du spectacle pour lequel les spectateurs sont conviés à s'installer sur de petits gradins.

Les jours passées nous aurons permis de nous imprégner du lieu, rendant chaque représentation unique et exceptionnelle, chacun (acteurs et spectateurs) devenant détenteur dans sa propre mémoire d'un moment privilégié. Il s'agit de foranité, d'un théâtre qui cultive le goût du décalage, à la fois poétique, politique et démocratique.

Ce que nous voulons donner, c'est le goût de l'étranger qui passe, le théâtre dans son essence : toujours satisfaire notre besoin de réenchantement et rester les instigateurs du merveilleux dans les lieux de notre quotidien.

                                                                                                                                   René Pareja

 

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